Pourquoi parler d’humanisation dans les maisons de retraite en 2024 ?

L’enjeu de l’humanisation est devenu central pour les établissements d’hébergement des personnes âgées dépendantes (EHPAD) et les résidences seniors. Des crises successives – médiatisation de la maltraitance (rapports de la Défenseure des droits, enquêtes de France Info ou du Monde), isolement durant la crise Covid-19 – ont provoqué une défiance accrue vis-à-vis des institutions. Aujourd’hui, 62% des Français ont une image négative des maisons de retraite (Ifop, 2022). Un chiffre qui montre le défi à relever pour redonner confiance.

Face aux discours anxiogènes et à la méfiance des familles, il ne suffit plus d’afficher des engagements ou de montrer des infrastructures modernes. Ce qui compte : la capacité à révéler les femmes et les hommes qui font vivre l’établissement. La vidéo, par sa force émotionnelle et sa capacité à illustrer le quotidien, se révèle l’outil incontournable de cette transformation de l’image.

La vidéo, un média naturellement engageant et accessible

La vidéo domine le web : près de 82% du trafic Internet mondial est lié à des contenus vidéo (source : Statista, 2023). Côté seniors, l’adoption du numérique n’est plus à prouver : 73% des 60-69 ans et 44% des plus de 70 ans visionnent des vidéos chaque semaine sur Internet ou via leur smartphone (Baromètre du Numérique 2023). En maison de retraite, la vidéo rassure les familles, mais crée aussi des ponts avec les résidents eux-mêmes. Elle rend les discours vivants, concrets, sincères.

  • Impact émotionnel immédiat : les visages, les sourires, les échanges filmés font ressentir l’ambiance réelle de l’établissement. Une image sincère, difficile à fausser.
  • Accessibilité : une vidéo de 60 secondes capte vite l’attention, là où un livret papier restera sur une étagère.
  • Capacité à valoriser l’humain : témoignages, scènes de vie quotidienne, portraits : la vidéo met en lumière ceux qui, chaque jour, accompagnent les résidents.

Vidéo et confiance : lever les inquiétudes des familles

Dans 80% des cas, la décision d’entrée en maison de retraite est prise avec la famille (Drees, 2021). Les proches cherchent des preuves concrètes du bien-être des résidents. Les vidéos permettent de lever les doutes, notamment sur :

  • La qualité de l’accompagnement au quotidien (activités, écoute, personnalisation des soins)
  • L’ambiance relationnelle (résidents entre eux, personnel-résidents)
  • Les valeurs portées par l’établissement

Une série de vidéos courtes où l’on voit des auxiliaires de vie aider un résident à jardiner, un cuisinier discuter menus avec une pensionnaire, ou encore une ergothérapeute expliquer son rôle, a beaucoup plus d’impact qu’un texte explicatif sur le site internet. Source : Enquête Cap Retraite 2023 – 68% des familles déclarent qu’une vidéo authentique les rassure davantage qu’une brochure institutionnelle.

Montrer le quotidien, révéler l’atmosphère de l’établissement

Un des freins majeurs à l’entrée en maison de retraite, c’est l’image d’un lieu triste et impersonnel. Hors, la vraie vie en résidence, c’est aussi du partage, de la convivialité, une diversité d’activités et une ambiance propre à chaque structure. La vidéo permet de :

  • Relater des moments de vie : anniversaires, ateliers cuisine, balades en extérieur, témoignages de résidents et d’équipes.
  • Montrer le rythme réel d’une journée : lever, repas, temps libres, soins. On lève les idées reçues sur l’ennui ou la standardisation.
  • Valoriser l’environnement : espaces verts, chambres, lieux de vie, équipements adaptés.

Exemple : Le groupe Korian a lancé une série de “journées type” sur sa chaîne YouTube, chaque vidéo présentant le quotidien dans un établissement différent. Résultat : +33% de contacts via leur formulaire de visite dans les trois mois suivants (source : Korian résultats internes 2023).

Trois formats vidéo plébiscités pour humaniser son établissement

La vidéo touche toutes les cibles – futurs résidents, familles, potentiels collaborateurs et partenaires – à condition de choisir le bon format.

  1. Le témoignage croisé
    • Objectif : partager la voix des résidents, familles, personnels. Un (ou plusieurs) interviews courts, montage dynamique.
    • Impact : 87% des internautes jugent plus crédible un témoignage vidéo qu’une citation textuelle (source : Wyzowl Video Survey 2023).
    • Conseil : Éviter la vidéo “à l’ancienne” façon spot publicitaire. Favoriser l’authenticité, même avec de légers bégaiements ou des rires spontanés.
  2. La visite virtuelle guidée
    • Objectif : faire découvrir les locaux, depuis l’accueil jusqu’aux espaces communs, avec voix-off humaine (directeur ou aide-soignant par exemple).
    • Impact : les vidéos de visite multipliées par 4 sur les sites spécialisés depuis 2021 (Cap Retraite).
    • Conseil : filmer en conditions réelles, avec de vrais résidents lorsque possible (avec leur accord).
  3. Le reportage métier
    • Objectif : faire connaître le quotidien et l’engagement des équipes. Un moyen puissant de valoriser les professionnels, et d’aider aussi au recrutement !
    • Impact : attirer des candidats sensibles aux valeurs humaines ; augmenter la fidélité des collaborateurs grâce à la reconnaissance.
    • Conseil : donner la parole à différents métiers et à tous les âges ; éviter de ne montrer que la direction ou le personnel soignant.

Réussir sa stratégie vidéo : réflexes et conseils pratiques

  • Préparer le terrain avec les familles et les résidents

    Toujours demander les autorisations de diffusion. Expliquer la démarche aux résidents, et aux familles lorsque la personne est sous tutelle. Un cadre rassurant, c’est aussi une question d’éthique.

  • Favoriser la capture de l’instant (même smartphone)

    Des vidéos filmées sur smartphone, non retouchées, valent souvent mieux qu’un film institutionnel trop calibré. L’authenticité prime !

  • Penser au sous-titrage systématique

    Beaucoup de seniors et de familles visionnent les vidéos sans le son, sur smartphone ou lors de déplacements. Le sous-titrage est aussi un atout pour l’accessibilité (personnes malentendantes).

  • Intégrer la vidéo dans une logique multicanal

    Relayer vos vidéos sur le site, les réseaux sociaux, les plateformes spécialisées (Annuaire Sanitaire et Social, Cap Retraite, Papyhappy...), dans les communications internes… Le bouche-à-oreille fonctionne aussi grâce au digital !

  • Mesurer le retour

    Suivi des vues, du temps de visionnage, des demandes d’informations générées ou des candidatures suite à diffusion d’un reportage métier. Ajuster selon les retours de chaque cible.

Des exemples concrets d’impact : avant/après la mise en place de la vidéo

Plusieurs établissements ont constaté un changement net après diffusion de vidéos “coulisses” ou “un jour dans la vie de…”. Voici quelques résultats issus d’études de cas rendues publiques :

  • Résidence Les Tilleuls (Île-de-France) : le taux de prise de contact famille via le site internet a grimpé de 42% entre le trimestre avant leur première vidéo et le trimestre suivant (Source : Etude interne 2022, chiffres partagés lors du Salon des Seniors).
  • EHPAD du Littoral (Bretagne) : après la mise en place d’une série mensuelle de portraits vidéo des équipes, une baisse du turnover observée sur 12 mois (-23%) et une hausse des candidatures spontanées (+17%).
  • Résidence autonomie Albert Camus (Rhône-Alpes) : Plus de 3000 vues en une semaine pour une vidéo “portes ouvertes virtuelle” relayée sur Facebook et WhatsApp des familles ; +31% de visites prises sur la période de diffusion.

On ne le répétera jamais assez : la force du témoignage vidéo brise bien des a priori et permet de montrer la réalité, loin des caricatures.

Limiter les risques et garantir l’éthique

Il est indispensable de respecter la vie privée et la dignité des résidents et des équipes. Les erreurs les plus fréquentes : filmer des personnes vulnérables contre leur gré, négliger l’anonymat des mineurs (en situation de visite), ou confondre vidéo interne (restreinte) et diffusion publique. Se référer systématiquement au guide CNIL sur l’image et la captation vidéo en établissement.

  • Consentement écrit : indispensable pour toute diffusion externe.
  • Droit à l’image : droit de retrait à tout moment pour la personne filmée (ou ses représentants légaux).
  • Respect de la dignité : éviter toute mise en scène qui porterait atteinte à la perception positive de la personne âgée.

Pour aller plus loin : vidéo, nouveau levier d’attractivité et de différenciation

Oser la vidéo, c’est sortir du lot. Dans un secteur où la confiance est la première demande, la transparence offerte par la vidéo peut transformer l’image de votre établissement, mais aussi accélérer l’engagement des familles et attirer des professionnels motivés. Un établissement qui ose donner la parole à ses résidents et ses équipes se positionne comme un acteur moderne, ouvert et rassurant.

À ceux qui hésitent encore : les familles et résidents veulent voir du vrai, du vécu. La vidéo, pour humaniser, rassurer ou valoriser, n’a jamais été aussi indispensable. L’avenir de la communication dans le secteur du bien-vieillir sera forcément… incarné.

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